Un monde, trois catégories de pays face à la civiphobie”
Le mot civiphobie est un terme nouveau, encore peu connu du grand public. C'est pourquoi je vous rappelle. Ça définition. La civiphobie désigne le rejet, la haine ou la méfiance entre concitoyens d’un même pays, fondés sur une « différence » linguistique, religieuse, culturelle ou d’origine ethnique. Ce phénomène n’est ni théorique ni marginal : il constitue l’un des outils les plus efficaces de fragmentation des États au XXIᵉ siècle. Il existe aujourd’hui trois catégories de pays face à la civiphobie : 1️⃣ Les pays qui ne sont pas civiphobes, mais qui souffrent de la civiphobie. La fragmentation civique y existe malgré les institutions et fragilise la cohésion nationale. 2️⃣ Les pays qui ne sont pas civiphobes en interne, mais qui utilisent et développent la civiphobie chez les autres. Dans ce cas, la civiphobie devient un levier d’influence et de déstabilisation externe. 3️⃣ Les pays civiphobes, où les autorités utilisent la civiphobie contre leur propre population comme mode de gouvernance. Le Danemark appartient à la première catégorie. Mais cela ne le rend pas invulnérable. Car les pays de la deuxième catégorie ne cherchent pas l’affrontement direct. Ils cherchent la désunion, la fissure, la rupture civique progressive. Le Groenland représente aujourd’hui un terrain évident de ce type de stratégie. Lorsque des acteurs extérieurs : • réactivent sélectivement des récits historiques, • opposent identités et mémoires au sein d’un même ensemble civique, • mettent en avant des « différences » culturelles pour justifier une séparation politique, • ou cherchent à détacher émotionnellement une population d’un État souverain, Dans le cas du Groenland, des tentatives d’utilisation de mécanismes civiphobes ont été observées afin de créer une distance civique avec le Danemark. Ces tentatives n’ont cependant pas produit les effets escomptés, preuve qu’une société consciente de ses liens peut résister à la division. Ce schéma d’analyse peut être appliqué à n’importe quel pays, qu’il s’agisse du Canada, de l’Espagne, de la Belgique, de l’Algérie, du Maroc ou de tout autre État. Car la civiphobie n’est pas un problème de culture ou de continent, mais un mécanisme universel de fragmentation des sociétés.
P.a
1/17/2026
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